Colère pour "PARADIS CONJUGAL"

Publié le par Maty




« Paradis conjugal » ou l’art de montrer la bêtise, l’anéantissement intellectuel de la femme du 21ème siècle, devant un film américain passant en boucle sur l’écran de télévision.



 

Ce film « Chaînes conjugales de Joseph L.Mankiewich en noir et blanc, est une réflexion cynique sur le mariage, l’amour conjugal, la suspicion et la manipulation. Egalement une critique de la société américaine. « Récompensé par plusieurs Oscar, Chaînes conjugales est un film précurseur, d’une modernité étonnante. Sorte de Desperate Housewives de la fin des années 1940, le film n’a pas pris une ride, autant virtuose dans sa mise en scène que pétillant dans ses dialogues. A consommer sans modération. »

 

Décrit par Alice Ferney, ce film hollywoodien d’avant garde, devient une copie conforme de la série « Dallas » avec son J.R. Comment une femme mûre, ayant quatre enfants, émancipée, danseuse, aimant l’art, intelligente, peut-elle s émouvoir de ces jolies moues, de ces comportements enfantins et capricieux, et en tirer des leçons pour analyser ses propres problèmes conjugaux ?

 

Il est vrai que ce roman semble se passer aux Etats-Unis, mais alors, c’est nous montrer de la femme américaine une image pâle mais fardée, dont le cerveau paraît gros comme un petit pois, portant talons aiguilles pour aller pique-niquer au bord d’un lac !

 

J’ai été irritée tout le long de ce livre par les descriptions de femmes toutes plus magnifiées les unes que les autres : « merveilleuse parce que romantique et tendre malgré ses artifices ». Bien sûr, « elle était follement aimée de son mari sans l’avoir deviné ». Assez d’eau de rose et de collection Arlequin. A qui s’adresse Alice Ferney ? Son analyse de la vie conjugale, de l’amour, des liens avec les enfants, de la séparation et de l’âge est sublimement superficielle ! Ce va et vient entre la réalité de la vie et les arrêts sur image du film, comique !

J’ai dû vraiment prendre sur moi pour continuer la lecture. Ce n’est qu’à la fin du roman, que mon intellect a pu enfin se satisfaire par une belle description de l’acte d’amour et du plaisir féminin. Quelles images, quels mots poétiques pour évoquer l’attente, le désir qui s’amplifie, les tressaillements, résonnances de la sensualité, l’appel du sexe, fleur épanouie. Quelle justesse dans les métaphores pour dépeindre ce qui lie le corps à l’esprit dans ces instants d’amour pur que sont l’extase et la jouissance.

Ni pornographie, ni voyeurisme, ni vulgarité. Enfin l’héroïne devient « femme ». Mais il aura fallu plus de 350 pages pour toucher à une réalité conjugale pleine d’amour vrai.

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