ENTHOUSIASME pour "SERAPHINE"

Publié le par Maty

 

Ce film raconte l’histoire d’une artiste autodidacte et maudite, tombée dans l’oubli : Séraphine de Senlis, et Louis de son nom véritable.

Habitée par la vierge, sa peinture naïve s’inspire des vitraux de l’église où elle se réfugie souvent, et de la nature dont elle s’imprègne avec extase dès que son rude travail de femme à tout faire le lui permet. Elle peint des bouquets où feuilles et fleurs sont en grande abondance, d’abord sur des petits formats puis sur des très grands lorsque son travail est découvert par le collectionneur allemand Wilhelm Uhde, premier acheteur de Picasso et découvreur du Douanier Rousseau. Il deviendra son mécène. Elle utilise des pots de peinture blanche à l’huile, ordinaire, achetés en économisant sur sa nourriture et ses vêtements. Elle les teinte avec du sang, de la cire, des fleurs et des plantes écrasées dans un mortier à l’aide d’un pilon. C’est à genou, la nuit, éclairée à la bougie qu’elle remplit ses toiles en fredonnant des chants grégoriens. Sans avoir fréquenté d’autres peintres et sans références, elle peint avec frénésie, inspirée par des voix d’en haut. La folie s’empare de son esprit. Elle meurt en 1942 à 78 ans dans un hôpital psychiatrique.

Cette artiste est remise au goût du jour actuellement avec une exposition de ses tableaux au Musée Maillol à Paris. www.museemaillol.com



Le scénario du film est conçu comme une succession de tableaux :

- Immenses quand il nous montre des paysages verts, bordés par une rivière dans lesquels se dresse un seul arbre  majestueux. Nous avons envie d’y entrer et de nous y fondre corps et âme.

- En  plans très rapprochés sur la silhouette de Séraphine, géniale et allumée, portraits émouvants brossés par le réalisateur Martin Provost, et incarné par Yolande Moreau avec un naturel confondant. 

Pour conclure, ce film réalisé avec sobriété évite l’écueil du pathos et de la sensiblerie. Il transcende le spectateur, le transporte dans un autre monde, comme s’il regardait une œuvre d’art qui le ferait voyager au début du XXème siècle, dans une nature où monte la sève, colorée de verts, côtoyant l’église, ses cloches, les rues pavées de gris où résonne le pas lourd et métallique de Séraphine.

 Du réalisateur Martin Provost avec Yolande Moreau, Ultrich Tukur, AnneBennent.

A voir avec l'oeil d'un artiste!

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